D-Clics numériques dans « la Marseillaise »

Éducation populaire: trois fédérations, dont la Ligue de l’enseignement qui coordonne cette action nationale, se penchent sur l’éducation numérique. Session à La Seyne-sur-Mer (83) auprès des animateurs socio-éducatifs en formation professionnelle avec les Francas.

Qui n’a pas aujourd’hui son smartphone vissé à la main lève le doigt ! Que l’on approuve ou pas, que l’on craigne ou non les effets et dérives des nouveaux outils de communication, le fait est que la société est devenue numérique. Bref, « il faut composer avec, alors autant que ce soit par le biais d’une démarche active », commente Baptistin Vuillemot, qui justement s’occupe de la question pour les Francas de Paca.

Nourdine Nana, responsable de la formation des Francas du Var, à La Seyne-sur-Mer, le rejoint : « On ne peut pas rester extérieurs aux évolutions, le numérique doit maintenant être considéré comme une animation classique. Il est indispensable d’innover tout le temps dans les supports d’animation. »

Il s’agit donc d’aborder la problématique par l’intermédiaire de ceux qui s’adressent aux plus jeunes – et qui ont d’ailleurs parfois besoin eux-même de s’approprier quelques clés pour mieux aborder cette société transformée : les animateurs intervenant dans les structures de loisirs. D’où la création du dispositif « D-Clics numériques » (« Découvrir Décrypter Diffuser »), une « action nationale coordonnée par la Ligue de l’enseignement ». Laquelle est organisée, dans l’académie de Nice, en partenariat avec les Francas et les Ceméa. C’est en l’occurrence dans ce cadre que cette fin avril à La Seyne, un module était proposé aux stagiaires en formation professionnelle BP-JEPS (brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport). Soit la deuxième session « D-Clics » mise en place dans le Var, après celle de Toulon (par la Ligue de l’enseignement). A La Seyne, une autre sera proposée les 16 et 17 juin, ouverte cette fois-ci, à tous les animateurs de centre de loisirs.

 

« On joue, on expérimente, on restitue… »

Baptistin Vuillemot a commencé par suivre lui-même la formation qui lui permet d’aborder « un parcours photo, vidéo et numérique  ». A sa charge maintenant de transmettre des savoir-faire aux stagiaires dans l’objectif « d’appréhender les enjeux de la société numérique et les traduire dans une visée éducative, comprendre les logiques de construction, diffusion et réception de l’image, et expérimenter les outils photo et vidéo dans le cadre de projets d’animation ». Ce qui se traduit de manière on ne peut plus concrète en situation : « On joue, on expérimente, on restitue… », raconte-t-il. L’expérience montre que le module de formation incite dans le même temps à « débattre ». Le formateur évoque par exemple des discussions autour du Big data, de publicité ciblée sur Internet…

« Ca nous questionne dans nos propres pratiques, nous sommes un peu en retard mais il n’est jamais trop tard », ajoute Nourdine Nana. Auguste, lui est stagiaire et il en convient : « On a notre rôle à jouer, le numérique, c’est aujourd’hui la tradition ! » Cette session qui s’est tenue sur deux jours n’est pas non plus un luxe pour Coline également stagiaire. Elle l’admet volontiers : « On manque de techniques, on a besoin d’accompagnement. »

A l’issue de la formation, les animateurs ont en outre accès aux ressources pédagogiques mise au point sur le site « D-Clics », ils pourront y puiser à volonté pour monter leurs propres animations.

Un ordinateur, un petit appareil photo ou… l’indécollable smartphone : proposer des activités autour du numérique ne nécessite pas forcément de disposer d’un arsenal de matériel, précise Baptistin Vuillemot. « Ce n’est pas le produit fini qui importera, mais la démarche, la lecture de l’image », insiste-t-il Baptistin Vuillemot. L’idée étant d’apprendre aux enfants « à prendre du recul, de devenir un spectateur acteur ».

LAURENCE ARTAUD

article D-clics La Marseillaise

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